mercredi 15 juin 2011

Madchester !!!

Au mois d'avril dernier, j'ai passé un super week-end à Barcelone avec des amis. A cette occasion, je vous ai proposé un billet sur le quartier du Raval dans lequel je vous ai parlé d'un mouvement musical qui n'a pas duré très longtemps mais qui a laissé pas mal de traces et surtout qui me laisse un très bon souvenir, le mouvement Madchester.
Depuis lors, j'avais envie de vous en dire un peu plus sur ce mouvement musical (et de faire plaisir à mon ami Vincent, qui aime bien cette musique) mais je n'ai pas eu trop le temps... voilà qui est fait !

Le terme Madchester est bien sûr un jeu de mot entre mad (fou en anglais) et le nom de la ville de Manchester qui est le berceau de ce mouvement. Il apparaît pour la première fois avec les Happy Mondays qui ont baptisé un de leurs EP "Madchester Rave On" en 1989.

Madchester est un mouvement musical qui a connu un grand succès à la fin des années 80 et au début des années 90 en Angleterre puis dans toute l'Europe et aux USA.

Les Happy Mondays en sont un des groupes les plus emblématiques. Pour ceux qui ont besoin de se rafraichir la mémoire, c'était ça :



L'étiquette Madchester désignait alors des groupes qui avaient en commun leur origine géographique, la ville de Manchester, et leur goût pour le mariage de différents styles musicaux, notamment le rock et la house. Plus précisément, il s'agit d'une fusion de rythmes acid house, dance et de mélodies pop. Le style Madchester se distingue par ses battements tranchés, des fioritures psychédéliques, et des refrains accrochés.
Le Madchester est la forme dominante du british rock a la fin des années 80 et au début des années 90.

Parmi les groupes phares, il y avait aussi Inspiral Carpets :



Mais Madchester n'est pas né avec les Happy Mondays, comme les Happy Mondays ne sont pas nés avec Madchester. The Smiths, New Order, ou encore James, avaient largement dominé la scène rock mancunienne dans les 80's et ont eu une influence plus que significative sur les groupes qui ont suivi.
L'ouverture de la discothèque Haçienda en mai 1982, à l'initiative de Factory Records, label indépendant de Manchester, a également été déterminante dans le développement de la scène pop-rock dans la ville.

Il y a deux approches à ce mouvement musical, celle des Happy Mondays et celle des Stone Roses (photo ci-dessus). Les Happy Mondays faisaient du cut-up et du sampling, prenant les refrains des Beatles et de Patti LaBelle et les plaçant dans une atmosphère dance psychédélique.
The Stone Roses étaient un groupe traditionnel guitar pop. Leurs chansons étaient des morceaux pop boostés par des battements lancinants, une sorte d'évolution moderne de la pop des années 60 :



La scène musicale underground de Manchester était vraiment très dynamique et le succès grandissant de la house music venue d'Amérique du Nord auprès du public mancunien, captèrent l'attention de la presse et de l'industrie musicale.

Si l'on ajoute à cela une dose d'euphorie de la jeunesse britannique en ces chauds étés 88 et 89, qu'on a appelé The Second Summer of Love, ainsi qu'une montée en puissance de l'acid house et de l'acide tout court, ou plutôt de l'ecstasy, on obtient Madchester.

Moi, perso, j'avais un faible pour les Charlatans (même s'ils étaient de Birmingham), et particulièrement pour ce morceau :



Le mouvement Madchester a décliné au début de 90's aussi vite qu'il était devenu populaire, en partie à cause de la décomposition des Stones Roses et des Happy Mondays, perdus dans leurs excès de drogues.
De nombreux groupes de Manchester peuvent se revendiquer de ce mouvement. En plus des Stone Roses , Happy Mondays , Inspiral Carpets et Charlatans, on peut citer James, Northside, A Guy Called Gerald, 808 State...

Ces derniers ont fait un morceau tout bonnement démoniaque, Pacific :



Malgré ce court succès, le style Madchester influença à l'époque de nombreux autres groupes en Grande-Bretagne, comme Flowered Up (à Londres), The Farm and The Real People (à Liverpool) ou encore the Soup Dragons (à Glasgow ) avec leur fameux tube I'm Free.

Et puis d'autres groupes, qui ont connu un grand succès plus tard, se sont formés à Manchester à cette époque : The Chemical Brothers , The Verve, Sub Sub et Oasis (Noel Gallagher était un roadie des Inspiral Carpets).

Je vous laisse avec un morceau des Happy Mondays sur lequel j'ai bien déliré, Hallelujah :



En y repensant, c'est plutôt sur la version remix que je me suis éclaté. HALLELUJAH !!!

lundi 13 juin 2011

Little Bob Blues Bastards !!!

Vendredi dernier, mon co-blogueur de l'apéro du vendredi et moi-même, nous nous sommes rendus dans un de non lieux de concerts préférés, Secret Place, la salle de la TAF, en banlieue de Montpellier.
Et ce n'était pas pour n'importe quel concert. Il s'agissait d'une figure du rock français, Little Bob, qui se produisait avec sa deuxième formation, Little Bob Blues Bastards (la principale, comme tout le monde le sait, étant Little Bob Story).

J'avais déjà vu Little Bob au Rockstore voilà quelques années, déjà avec Yannick, et j'avais beaucoup aimé. Mais c'était une salle un peu grande pour cette formation, qui bizarrement n'attire pas les foules.
Je dis "bizarrement" car la musique et les musiciens sont excellents, et Little Bob est un vrai personnage, qui aime la scène et son public.

Avant d'aller plus avant dans cette présentation, je vous propose un premier extrait du concert, l'entrée sur scène du groupe. Désolé, le son sature mais, comme le dit Yannick, sur le ton de la plaisanterie : "A Secret Place, il faut choisir entre voir et entendre", et nous étions un peu trop près de la scène pour le micro de mon appareil...



Comme vous avez pu le voir, nous étions au premier rang afin de profiter à fond de ce petit homme, grand par le talent et la générosité. Malheureusement, dès la troisième chanson, j'ai eu la faiblesse de céder un peu de place à un caméraman, qui en a profité pour prendre ses aises et a passé tout le concert devant moi, tranquille... je suis trop con.

Yannick me conseille de faire un article sur les connards de ce genre, qui sont pléthore dans les concerts, et dont le sport préféré est de se faufiler devant vous pour vous faire chier. Il y a d'ailleurs une paire de nanas, habituées de Secret Place, qui sont championnes dans ce domaine.

Bref, non seulement ce sale type m'a empêché de profiter à plein du concert, mais il m'a aussi pourri les prises de vue... Je suis trop gentil, j'aurais dû lui donner des coups de latte, mais je ne suis pas comme ça (et il était beaucoup plus petit que moi...).



Alors, qui est Little Bob ? Un p'tit gars du Havre qui a consacré sa vie au rock'n' roll !!!
C'est un des pionniers du rock français, à ne pas confondre évidemment avec le rock EN français, car Little Bob chante toujours en anglais. Non pas que Bob n'aime pas la langue de Voltaire, mais il estime, en esthète du rock, que c'est mieux ainsi. Et je ne peux que lui donner raison !

Roberto Piazza, de son vrai nom, est surnommé Little Bob en raison de sa taille, bien entendu. Cet homme, qui ne doit pas excéder les 1m60, est un grand Monsieur du rock. A 66 ans, il écume les scènes de l'hexagone et d'Angleterre depuis près de 40 ans.

Et oui, Little Bob Story est un des rares groupes français à avoir percé au Royaume-Uni. Créé en 1974, le groupe signe en 1976 chez Chiswick Records et profitent de l'explosion de la vague punk. Ils ne rencontreront pourtant pas le même succès en France et se séparent en 1988.

Depuis, Little Bob poursuit une carrière solo et tourne avec différentes formations, dont les Blues Bastards, assurément versés dans le blues et le blues rock américains :



Entouré de quatre excellents musiciens, Little Bob nous a prouvé, encore une fois, qu'il ne perdait rien de ses qualités vocales et de son mythique jeu de scène.
Avec Gilles Mallet à la guitare, Bertrand Couloume à la contre-basse, Jérémie Piazza, neveu de Bob, à la batterie et un harmoniciste dont j'ai oublié le nom, mais pas le look improbable, les Blues Bastards nous ont régalé pendant 1h30.

Je pense qu'il s'est également plu sur la petite scène de Secret Place. En tout cas, il avait l'air heureux de cette proximité avec le public. Imaginez-vous, à certains moments, il n'était pas à plus de 20 cm de moi et, ce qui est marrant, c'est qu'il vous regarde dans les yeux quand il est face à vous.



Que dire de plus, si ce n'est qu'il s'agissait sans doute de mon dernier concert avant le FestiVoix, et franchement, Little Bob constitue un excellent intermède entre K-Live et le Québec.

Mes amis de la Belle Province, j'atterris chez vous le 24 juin, jour de la Fête du Québec, et je serai à Trois-Rivières à partir du 28 pour le FestiVoix, qui se déroule du 30 juin au 10 juillet. L'échéance approche à grands pas et je suis loin d'être près... mais, j'ai vraiment hâte d'y être !!!

Allez, je vous quitte avec un dernier morceau de Little Bob Blues Bastards :


vendredi 10 juin 2011

Epsylon Point !!!

Lors du festival K-Live 2011, que j'ai eu la chance de vivre de l'intérieur, je vous ai pas mal parlé de l'exposition "Sète, trop d'hommage" à la chapelle du Quartier Haut et des concerts de The Jon Spencer Blues Explosion et du génial Gonzales.

Cependant, il y a un personnage sur lequel je ne me suis pas trop attardé, par manque de temps mais pas d'intérêt, un personnage haut en couleurs (c'est le cas de le dire), l'invité de la partie "street art" du festival, l'excellent Epsylon Point.

J'ai eu la chance de passer pas mal de temps avec lui et je dois dire que côtoyer une telle personnalité est tout aussi plaisant que passionnant. Epsylon, Epsy pour les intimes, est un gai luron d'une petite soixantaine d'année, pionnier français du pochoir.
Il fait partie de la première génération des artistes urbains français du début des années 80. Figure de "l’impolitiquement correct", Epsylon Point s’intéresse à des sujets sensibles tels que le monde ouvrier, les conflits mondiaux ou encore les scènes érotiques.

A Sète, pour le Musée à Ciel Ouvert de K-Live, Epsylon s'est évidemment frotté à Brassens. Il a souhaité, lui aussi, rendre hommage au poète à la pipe, dont on célèbre cette année les 90 ans de la naissance et les 30 ans de sa mort.

J'ai fait la connaissance d'Epsylon Point, il y a quelques semaines, dans le sympathique patio de L’Échappée Belle, librairie bien connue de Sète, lors d'une séance de dédicace de l’ouvrage qui lui est consacré, Le Sang des Pauvres. J'ai eu, ce soir là, le plaisir de constater qu'Epsylon, lui aussi, fumait la pipe... le fil rouge du festival.

Et j'ai surtout découvert un homme passionné par son art, ayant du mal à se séparer des bombes de peinture qu’il manie avec brio. Dès qu’il repère un support, il ne peut s’empêcher d’y laisser son empreinte au pochoir. C’est ainsi qu’il a commencé sur des feuilles de papier, a poursuivi sur des livres, pour terminer sur les murs mêmes de la boutique, sous les yeux complices des libraires.

Les jours qui ont suivi, Epsylon a réalisé des affiches pour les commerçants de la ville. Il a aussi réalisé plusieurs œuvres sur les murs de Sète pour terminer par la grand rue Mario Roustan qu'il a décorée de bout en bout.

Voici une vidéo réalisée par l'excellent blog C'est à Sète, qui vous montrera la manière dont Epsy travaille. L’œuvre a été réalisée sur un des quais de l'Ile Singulière :



Le parcours d'Epsylon est évidemment assez atypique. Formé à l’école des Beaux Arts de Dijon, il découvre la bombe aérosol à la fin des années 1970. La maitrise de cet outil de travail idéal lui permet de tout peindre sur tous supports, à commencer par les murs de Paris. A la fin des 70’s, il s’attaque progressivement aux grands formats.
Dès 1985, Epsylon Point se positionne comme un artiste de la rue engagé.

Dans les années 1990, il s’installe à Turin où il se prend à enseigner et forme une génération d’artiste à l’art du pochoir. Il y passera 6 ans. De retour en France quelques années plus tard, il établit sa base à Issy-les-Moulineaux.

Aujourd’hui, Epsylon Point est considéré par tous comme une figure incontournable du mouvement "street art". Mais Epsylon est avant tout un homme très sympathique. Tous les moments que j'ai passés avec lui ont été géniaux. Il m'a parlé un peu de sa vie et surtout de sa passion pour la peinture, qui est devenue une sorte de drogue dont il ne peut se passer. Il m'a dit qu'il était incapable de se vendre et que c'était toujours ses amis qui le mettaient en avant.

Et puis, il m'a confié qu'il ne vivait pas vraiment de son art mais qu'il s'en foutait un peu, qu'il était heureux de se lever le matin (ou l'après-midi...) et d'aller peindre quelque part dans Paris, ou ailleurs.

Si vous aussi, vous souhaitez connaître un peu mieux l'artiste, voici une excellente interview, également réalisée par C'est à Sète :



Accompagné de son ami Christian et de Spliff Gâchette, une des membres de La Meute, groupe d'artistes qui s'est formé autour de lui, Epsylon a passé un séjour sétois fatiguant, mais agréable.

En ce qui me concerne, j'ai été ravi que ma première rencontre avec l'art urbain se soit faite par l'intermédiaire de ce personnage.

Epsy, j'espère que j'aurai l'occasion de te recroiser, ici ou ailleurs. Tu as été le Brassens de K-Live 2011 !!!

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