dimanche 6 juin 2010

CocoRosie au Théâtre de la Mer... made in K-Live!!!

Cela faisait des années que je n'étais pas allé voir un concert au Théâtre de la Mer Jean Vilar de Sète. Vendredi soir, j'étais donc ravi de m'y rendre pour assister au festival K-Live 2010, d'autant plus qu'il faisait un temps superbe ; parfait pour passer une soirée au bord de l'eau.
Ce lieu est vraiment magique, avec sa scène qui donne juste sur la Méditerranée. On se croirait sur le pont d'un paquebot.

Construit au XVIIIème siècle, l’actuel Théâtre de la Mer était alors un fort destiné à assurer la défense du port de Sète. Le projet d’accueillir des spectacles dans ce lieu ne date pas d’hier. Jean Vilar, originaire de Sète, en avait proposé l’idée avant de fonder le festival d’Avignon.

A la fin des années 50, Jean Deschamps, acteur et metteur en scène, reprend l’idée. Le fort Saint-Pierre devient ainsi le Théâtre de la Mer Jean Vilar. La première version du théâtre est en bois et sert à accueillir les grands textes du répertoire. Au début des années 70, le bois est abandonné pour la structure en dur actuelle.
Depuis, le théâtre peut accueillir, sur fond de mer et de ciel étoilé, environ 1850 spectateurs pour de nombreux spectacles, aujourd’hui majoritairement musicaux.

Et vendredi soir, le Théâtre était bondé. J'en suis très heureux pour mon pote Laurent, membre du collective Kubik, organisateur du festival, qui n'a pas ménagé sa peine pour que cette soirée soit une réussite.

Quand je suis arrivé, le premier groupe, Astrid, venait juste de terminer sa prestation. Pas grave car, comme son nom ne l'indique pas, il s'agit d'un duo masculin et j'étais surtout venu voir des filles. Le premier duo féminin était Andromakers, deux filles du coin qui propose une electro pop bien sympathique sur des claviers 80's. Une excellente intro avant les vedettes de la soirée.



Vous devez vous poser des questions sur le magnifique piano à queue, présent sur la scène et sur lequel j'ai zoomé. Il est l'œuvre d'une jeune entreprise montpellieraine, Les Pianos Gary Pons, que j'ai eu la chance de connaître par mon activité professionnelle (la vraie...).

Leurs deux créateurs mettent un point d'honneur à ce que la sonorité de leurs instruments soit parfaite. Mais c'est leur esthétique exceptionnelle qui en fait de véritables œuvres d'art. En plus des matériaux indispensables à la facture du piano, l’aluminium et l’inox, brossés, polis, ou meulés amènent un brillant magnifique à l'instrument. L'Altuglas y ajoute une touche de légèreté et de transparence.
Celui que Les Pianos Gary Pons avaient mis à disposition pour ce concert était en plus éclairé de l'intérieur, de diverses couleurs, et vous pourrez constater sur les vidéos suivantes que ça en jette.

Grâce à Laurent, j'avais accès à l'espace V.I.P. qui était situé en backstage. En plus de boire du champagne et des bières à l'œil, cela m'a permis de voir les artistes de très près. Vous verrez donc, dans la vidéo qui suit, l'arrivée des CocoRosie sur scène avec leur look déjanté. Les deux sœurs californiennes ont vraiment un univers bien à elles.

Dans cette vidéo également, un moment comme je les aime : un bateau de promenade en mer venant faire un tour derrière la scène pour profiter du spectacle... Ça m'a rappelé la séance de ski nautique derrière la grande scène du FestiVoix lors de la première soirée en 2009.



Elles sont malines les sœurs Cassidy, quand elles ont envie de faire une pause, elles laissent la scène à un gars de leur band et ça donne un truc surprenant ; une performance de beat box de 4 minutes. En voici une grande partie :


Comme je vous l'avais dit dans mon article annonçant ce concert, je connaissais peu CocoRosie. Pour moi, leur musique manque un peu de peps, surtout en live. On peut regretter que leur côté barré ne ressorte pas complètement dans leur prestation scénique. J'aurais aimé que l'ensemble de leur performance soit aussi dynamique que leur dernière toune qui était vraiment sympa :



J'ai tout de même passé une soirée excellente et la musique des sœurs Cassidy était parfaite pour une douce soirée de début d'été dans le cadre idyllique du Théâtre de la Mer.

Et puis, j'y retourne vendredi prochain, dans le cadre du festival Quand je pense à Fernande... et il ne faut pas que je m'attende à une soirée très dynamique non plus.
En effet, en première partie, ce sera la projection sur écran géant du premier match de l'équipe de France de football au Mondial, contre l'Uruguay. Au vue des résultats des Bleus en ce moment, il y a peu de chance pour que ce soit la folie dans les gradins.
Quant au groupe qui suivra, il n'est pas connu pour sa rythmique entrainante mais plutôt pour ses mélodies cosmiques... Mais je ne doute pas que les deux acolytes d'AIR seront dans leur élément sur la scène de ce lieu magnifique.

Quand j'ai vu la programmation de cette soirée du 11 juin, je l'ai trouvée sympathiquement décalée car je ne suis pas certain que le public du groupe AIR soit réellement amateur de foot. Mais récemment, j'ai compris le lien entre AIR et les Bleus. En intitulant leur dernier single So light is her football, AIR veut-il pas parler de l'équipe de France de foot ???

vendredi 4 juin 2010

Concours Eurovision de la chanson... quétaine !!!

Samedi dernier avait lieu, à Oslo, le fameux Concours Eurovision de la Chanson, épreuve organisée depuis 1956, à laquelle participent tous les pays d'Europe plus quelques pays du Maghreb et du Moyen-Orient.

Je n'ai évidemment pas pu le voir cette année car j'étais occupé à encourager l'ASM en finale du TOP 14. Mais, habituellement, je ne rate pas ce rendez-vous annuel de la chanson kitsch car c'est toujours l'occasion de se marrer. En effet, on dirait que tous les pays rivalisent d'imagination pour proposer aux nombreux téléspectateurs un spectacle complètement décalé et quétaine.

Et la France ne fait pas exception à cette règle. La preuve, cette année, c'est Jessy Matador qui nous représentait.
Qui est ce matador ? Comme l'a dit un chroniqueur radio la semaine dernière : "C'est un peu comme si la Compagnie Créole était passée toute entière sur Ricky Martin !". En plus, le titre de sa chanson était vraiment inspiré, Allez Olla Olè. Et quelle belle prestation :



Souvent, les grands artistes ne sont pas reconnus de leur vivant et notre ami Jessy n'a terminé qu'à la 12ième place (pour l'anecdote, c'est l'Allemagne qui a gagné cette année). Mais ce n'est pas si mal car la France est plutôt une habituée des dernières places.
Pourtant, il arrive (rarement) que la chanson choisie soit de qualité. En 2008, nous avons eu l'excellent Sébastien Tellier avec son second degré et sa chanson Divine :



Classement final : 19ième... Mais le classement importe peu. D'ailleurs, tout le monde sait que les résultats sont toujours faussés par des tractations entre pays "amis". Même si les organisateurs ont essayé de limiter cette "tricherie" en tenant compte partiellement du vote du public, le copinage joue encore un rôle important dans les résultats. Mais c'est aussi ce qui fait le charme de ce concours.

Pour en revenir aux bonnes chansons ayant représenté la France, j'aime assez White and Black Blues, écrite par Gainsbourg et interprété par Joëlle Ursule en 1990. La France termine 2ième avec cette toune :



Mais j'avoue que ma préférée, c'est la chanson qui représentait la France en 1963. Un classique, si l'on peut dire, de la chanson française, Elle était si jolie d'Alain Barrière :



Si la France n'a pas gagné depuis 1978 et L'Oiseau et l'Enfant de Marie Myriam, une chanteuse française a gagné en 1983 pour le compte du Luxembourg. Il s'agit de Corinne Hermès avec une chanson super kitsch, comme on savait les faire dans les 80's, Si la vie est cadeau. Mais je préfère vous passer une autre chanson 100% française ayant gagné l'Eurovision pour le Luxembourg, en 1965 cette fois. Elle a été écrite et composée par Gainsbourg (encore !) et interprétée par France Gall, Poupée de Cire, Poupée de Son :



Jeunette la petite France en 65 !

Comme vous l'aurez compris, il n'est pas nécessaire que le ou la représentante d'un pays en ait la nationalité. C'est ainsi que plusieurs chanteuses québécoises ont pu participer au Concours de l'Eurovision. Il s'agissait de chanteuses "à voix", comme je les aime, qui cadraient parfaitement avec l'ambiance quétaine de l'épreuve. Ainsi Natacha Saint-Pierre a représenté la France en 2001 avec Je n'ai que mon âme et s'est classée 4ième.
Et la plus grande de toute, ma préférée, Céline Dion a fait gagner la Suisse en 1988 avec Ne partez pas sans moi.

Allez, je vous la propose mais c'est juste pour que vous puissiez vous rendre compte que le ridicule n'attend pas le nombre des années :



Vraiment exceptionnel, j'en ai des frissons !!!

Je me rends compte que le Concours de l'Eurovision est une source quasi inépuisable d'inspiration. Je pense que je ferai d'autres articles sur ce thème car il y a vraiment des tas de perles que j'ai envie de vous faire connaître ou de vous remettre en mémoire.
En attendant, je vous propose de conclure avec une des plus grandes tounes ayant gagné le concours et sans doute la plus connue. C'était en 1974, c'était à Brighton en Angleterre, c'était un groupe suédois, deux filles et deux garçons, il chantait Waterloo, c'était ABBA :


mercredi 2 juin 2010

Misteur Valaire... un nouveau modèle économique!!!

Je vous ai parlé à de nombreuses reprises de Misteur Valaire, ce groupe d'électro-jazz québécois que j'ai découvert l'année dernière au FestiVoix et que je kiffe à donf.
Cela fait presque un an que je les suis et je ne me lasse pas de leurs aventures, comme aux J.O. de Vancouver en février. A cette occasion, ils ont fait une série de vidéos terribles qu'on peut visionner sur la chaine YouTube BlogueMV. MV comme Misteur Valaire...

Leur première spécificité, c'est qu'ils sont complètement barrés mais éminemment sympathiques. Pour vous en convaincre, voici une entrevue avec le groupe lors de son passage en France en septembre dernier :



Leur deuxième caractéristique c'est le modèle économique qu'ils ont choisi d'adopter en renonçant à la majeure partie des revenus traditionnels liés à la vente de la musique. Le groupe s'auto-produit et concentre ses activités sur la vente d'une gamme très large de produits et surtout de services parmi lesquels la vente traditionnelle de disques "physiques" est plutôt marginale.

Voici comment se répartit leur chiffre d’affaire en 2009 :
. Spectacles (concerts, télés, web) : 56 %
. Produit dérivés (t-shirts, posters…) : 16 %
. Bourses, subventions et dons : 14 %
. Éditions (droits radio, synchro, pub, films…) : 8 %
. Disques physiques (en magasins) : 4 %
. Disques numériques : 1 %

Etonnant, non ?

Depuis sa création, Misteur Valaire offre sa musique à ses fans par l'intermédiaire du Web. Leur deuxième album, Friterday Night, sorti fin 2007, a été téléchargé par plus de 46 000 internautes à ce jour (dont votre serviteur). Vous pouvez toujours le télécharger ici.
Cet album a finalement été mis en vente en magasin en mars 2009, 18 mois après son lancement. Il s'est vendu à 800 exemplaires en 2009 et continue sur sa lancée avec environ 18 copies vendues par mois. Ce qui est honnête quand on pense qu'il est encore téléchargeable gratuitement.

Tous les internautes qui téléchargent l'album laissent leur adresse courriel et viennent enrichir, de ce fait, la base de contacts du groupe. Cette stratégie permet à MV de parler directement à ses fans, de développer un lien privilégié avec eux et ainsi, fait économiser au groupe des milliers de dollars de dépenses promotionnelles.

La diffusion gratuite de leur musique permet à MV d'accéder à une bonne notoriété. Le groupe remplit les salles de concert. Le live est une activité dans laquelle MV excelle et qu'il considère comme le cœur de son métier. Tout cela stimule également les ventes de produits dérivés.

Pour son troisième opus, Golden Bombay, MV a creusé un peu plus son approche marketing. Le lancement de l'album a eu lieu le mardi 18 mai au Club Soda, à Montréal.

Voici une vidéo de cette soirée :



Avant le lancement, plusieurs packs étaient proposés aux fans en pré-vente. Pour 35 $ (27 €), 629 personnes ont pu assister au concert de lancement de l'album, obtenir les mp3 de Golden Bombay, deux semaines avant sa sortie officielle, récupérer l’album en format physique le soir du concert-lancement au Club Soda. Certains ont même pu continuer la fête lors de l’after-party, jusqu’au petit matin.

En plus de ces 629 chanceux, 129 autres ont acheté le forfait à 25 $ (réception de l’album par la poste le lendemain du lancement en plus du mp3), et encore 74 ont payé 15 $ (mp3 de l'album seulement). Si ça c'est pas créatif...

A partir du lancement officiel de l'album, MV a choisi d’adopter la stratégie que Radiohead avait privilégiée en 2007 ; celle de vendre (ou donner) la musique (numérique) en laissant les internautes choisir la somme qu'ils souhaitent payer.

Et les résultats sont très intéressants.
Durant les 120 heures qui ont suivi le lancement de Golden Bombay, soit du 18 au 23 mai inclus, 1 346 copies numériques de l'album se sont envolées via Internet. Le fan de MV a payé en moyenne 2,99 $ (2,3 €) par copie téléchargée. Si l'on exclut les 60% qui n'ont rien donné en échange des tounes, le prix moyen de ceux qui ont payé est de 7,52 $ (5,8 €). Dans cette même période, ce dernier opus s’est vendu à 1 798 exemplaires physiques, se plaçant ainsi en 3ième position des ventes d'album en magasin au Québec et en 22ième au Canada.

Il est sans doute un peu tôt pour en tirer des conclusions radicales mais j'ai envie de dire aux grosses maisons de l'industrie du disque qu'elles devraient essayer de faire preuve d'un peu d'imagination plutôt que de se plaindre en permanence de la chute des ventes de CD et de tout mettre sur le dos du téléchargement illégal sur le Web.

Bien sûr que le téléchargement en est partiellement responsable mais il faut vivre avec son temps ; et peut-on réellement lutter en votant de lois inapplicables comme Hadopi ? Bien sûr que non, il faut anticiper, innover, être créatif, réfléchir quoi... Et dans ce domaine, Misteur Valaire semble bien plus doué que les services marketing des majors.

Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande d'aller faire un tour sur le blogue de Guillaume Déziel, initiateur de la stratégie Web de Misteur Valaire et notamment de lire son article sur la commercialisation de la musique et son devenir.

Je vais terminer en musique, comme d'hab, avec l'extrait d'un live de Misteur Valaire à Sherbrooke, leur ville d'origine, sur lequel on peut se rendre compte de l'énergie dégagée en concert :



J'espère avoir l'occasion de les revoir. En attendant, je vous recommande de faire comme moi si vous en voulez d'avantage. Allez faire un tour sur le site de Bande à Part, 55 minutes de concert vous y attendent.
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