lundi 18 avril 2011

Selah Sue... cool belgitude !!!

Vous connaissez Selah Sue ? En ce qui me concerne, je l'ai découverte sur Radio Nova il y a quelques mois grâce à son single Raggamuffin. Il parait que c'est la révélation soul de ce début d’année. En fait, son titre date de juillet dernier mais il a fallu attendre mars 2011 pour que les médias s'intéressent vraiment à elle.
D'autres l'avait repérée bien avant et pas des moindres, Prince, Cee-Lo Green, Keziah Jones ou encore Patrice.

Selah Sue, de son vrai nom Sanne Putseys est auteur-compositeur-interprète. Cette jeune artiste flamande de 22 ans est surtout reconnue pour sa voix exceptionnelle. J'ai pu vérifier jeudi dernier que la demoiselle avait effectivement un bel organe puisque je suis allé l'écouter à la salle Victoire 2, en banlieue de Montpellier.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre car je me méfie des soi-disant "révélations de l'année" encensées par les médias bobos... Et puis, je n'étais vraiment pas dans de bonnes dispositions car la première partie de Selah Sue était plutôt soporifique et il a fallu attendre près de 3/4 d'heure avant l'entrée sur scène de la tête d'affiche.
C'est donc avec un certain agacement que j'ai enfin vu débarquer la petite belge avec sa guitare, et elle a mis moins de trois minutes pour me charmer :



Je reviens sur cette histoire de "la révélation soul de ce début d’année". C'est assez bizarre de lire ça partout car si la soul est effectivement présente dans la musique de la petite blonde, son style est plutôt marqué ragga, rap, voire dub.
J'ai même retrouvé un peu de Massive Attack dans certains morceaux et j'en ai été ravi, vous l'imaginez bien, car c'est un de mes groupes préférés.



J'ai donc cherché à en savoir un peu plus sur cette jeune flamande. Apparemment, rien ne semblait destiner Selah Sue à devenir artiste. Elle a grandi dans un village minuscule en Belgique, et personne dans sa famille ne s'intéressait à la musique.

Son parcours tient pourtant du conte de fée : c'est l'histoire d'une jeune musicienne qui s'ignore et qui s'accroche à sa guitare pour supporter les troubles existentiels de l'adolescence. "J'avais toutes ces angoisses et ces dépressions que j'ai posées sur le papier, c'était une façon de structurer mes pensées. Dés l'âge de la puberté, je me suis mise à écrire beaucoup" confie-t-elle à la presse.

Elle transforme ses doutes en mélodies soul, funk, reggae, essayant surtout d'être digne de ses idoles, Lauryn Hill, Erykah Badu et Bob Marley, dont elle hérite de cette voix "black". Elle chante le week-end en faisant la tournée des petits clubs de sa région. Sans même effleurer l'idée d'une carrière, elle enregistre dans des home-studios, chez les copains, et elle publie des ébauches de chansons sur sa page myspace.

Avant de vous raconter la suite, je vous propose, avec la vidéo suivante, de constater l'extraordinaire énergie qui se dégage de cette artiste quand elle est sur scène :



La suite de sa jeune carrière paraît presque surréaliste : des dizaines de milliers de fans se manifestent alors sur le net, elle se fait repérer par des professionnels et signe finalement chez Because Music.
Puis Farhrot (Nneka) et Patrice s'attellent à la réalisation de son premier opus, Raggamuffin. Meshell Ndegeocello passe deux jours avec elle en studio pour produire le titre Mommy. Cee-Lo Green accepte de l'accompagner sur un duo et finit même par lui demander de publier le morceau, Please, sur son propre album. Enfin, ultime signe de reconnaissance, Prince lui confie la première partie de son concert en Belgique, à Anvers, en automne dernier.

J'aime beaucoup ce morceau, This World :



Bref, en deux ans, Selah Sue a réalisé des rêves qu'elle n'avait jamais osé faire. Pour éviter d'avoir le vertige après cette soudaine ascension, elle a tenu à garder sur son premier album les chansons écrites pendant son adolescence.
C'est une façon de rappeler au monde qu'elle n'est pas une enfant injustement gâtée par le destin et qu'avant Prince, Cee-Lo Green, les playlists radios et les articles élogieux dans la presse, il y avait d'abord une adolescente avec sa guitare que le public avait spontanément choisie sur le net.
Le premier single, Raggamuffin (plus d'1 million de vues sur le web), est d'ailleurs une de ses plus anciennes chansons.

Elle nous l'a joué en milieu de concert et s'est un peu planté au bout de quelques dizaines de secondes. C'est en se marrant et avec beaucoup de naturel qu'elle s'est excusée et a essayé de nous expliquer qu'elle avait fait la fête la veille à Montpellier. Puis elle a recommencé ce superbe morceau :



"Ce morceau me représente bien" explique-t-elle. "Il montre mes deux visages, le coté mélodieux et soul, mais aussi le côté dur, entre rap et ragga. Quand mon manager m'a demandé avec qui je voulais travailler pour l'album, j'ai d'abord répondu Farhot car je suis une fan de Nneka. Je voulais à la fois un disque intime, sombre, mélodique, mais aussi des beats légers et entraînants parfois. Farhot est un fou de sons digitaux et Patrice, que je connais bien, était l'homme idéal pour le coté mélodique. Ils furent mes deux complices en studio.»

Ma copine de concert, Karine, qui était avec moi jeudi soir, ma gravé l'album. Je l'ai écouté attentivement et c'est un habile métissage entre rock électrique, hip-hop et bidouillage soul-funk. Les douze morceaux oscillent entre ballades poignantes et tounes plus déjantées. Apparemment, pour la jeune flamande, la musique ne doit surtout pas avoir de frontières de genre. Et c'est tant mieux.

Comme moi, le public, venu nombreux, était totalement conquis. Pour le rappel, elle est revenu sur scène avec sa guitare et a demandé quel morceau nous voulions. Certains ont proposé Explanations et hop, elle nous l'a joué :



Le concert s'est finalement terminé sur un morceau de pur dub, comme je les adore, The More Than I, on aurait dit un bon Smith & Mighty :



Et puis, Selah a quitté la scène, visiblement contente de l'accueil montpelliérain et a laissé ses musiciens conclure :



Vraiment un excellent concert !!!

vendredi 15 avril 2011

El Raval !!!

Je ne vais pas vous faire le guide touristique de Barcelone mais plutôt vous présenter, si vous ne le connaissez pas, un quartier que je découvre progressivement et que j'aime de plus en plus, El Raval !!!

C'est là que mes amis et moi avions choisi de nous installer pour notre week-end barcelonais. Plutôt que d'aller à l'hôtel, nous avions opté pour une solution à la fois plus sympa et nettement plus économique, la location d'appartement.

Et oui, à Barcelone, on peut louer un appart du vendredi soir au dimanche matin, tout équipé, avec draps, serviettes de toilette et ménage inclus. Le notre était situé en plein cœur du Raval, dans une des rues très étroites qui caractérisent ce quartier. On se serait cru à Naples dans ces petites artères, avec le linge pendu aux fenêtres.

Notre logement pour les deux jours était au cinquième et dernier étage d'un vieil immeuble. Une sorte de duplex dans lequel la partie supérieure avait clairement été ajoutée sur le toit. Un petit balcon nous permettait d'apercevoir le sommet du mont Tibidabo, qui surplombe la ville, et surtout les toits du quartier avec leur myriade d'antennes.

Pour en revenir au quartier lui-même, le nom "Raval" vient de l'arabe "arrabal" qui signifie "faubourg". Il n'y a pas si longtemps, on l'appelait "barri xino" (quartier chinois), en catalan.
C'est un quartier populaire peuplé essentiellement d'immigrés pakistanais, marocains, phillipins et des pays de l'est. Depuis les années 90, les autorités de la ville ont engagé une politique de modernisation du quartier, avec par exemple la création de la superbe Rambla del Raval.

Il s'agit d'une petite promenade où il fait bon se poser pour boire un café ou une bière, sous les palmiers. Rien à voir avec les Ramblas envahis de touristes qui relient la Place de Catalogne au vieux port.
Et puis, tout en bas de la Rambla del Rava, les amoureux du Colombien Botero auront le plaisir d'admirer son Gato, un immense chat obèse acheté par la Ville à la fin des années 80 (ici avec mes chers amis autour).

El Raval est un des quartiers de Barcelone les plus controversés mais aussi l’un des plus intéressants. Il a du caractère et un cachet bien particulier qui le rend plus qu'attachant. Il a aussi ses côtés sombres, une certaine insécurité à ce qu'on dit (que je n'ai pas vraiment ressentie), un peu de prostitution et de drogue.

D'ailleurs, à de nombreuses fenêtres, les gens accrochent des banderoles "volem un barri digne !" ce qui, en catalan, veut dire "on veut un quartier respectable !". En gros, pas de prostituées, pas de violence etc...

D'autres, plus cool, se moquent un peu de leur voisins en écrivant "volem un Barrilonia" en référence à Babylone et ont des revendications moins sécuritaires, comme "davantage d'Art dans la rue". Un immeuble haut en couleur...

En parlant de lieux colorés, le quartier est situé entre deux des marchés alimentaires les plus connus de Barcelone, La Boqueria sur Las Ramblas et le Mercat Sant Antoni. Nous sommes allés faire un tour dans le premier, qui est immense et propose des étals regorgeant de fruits, légumes, viandes, charcuteries, poissons... c'est extraordinaire.

J'ai commencé à fréquenter Barcelone il y a une douzaine d'années et je peux vous dire que je ne fréquentais pas trop ce quartier à l'époque, en tout cas, je ne m'y engouffrais pas. Après ce week-end, je n'envisagerais pas un autre lieu de la ville où loger pour quelques jours.

En fait, il s'agit d'un quartier plutôt authentique qui permet de s'échapper de l'enfer touristique du Barri Gotic, un peu pesant. El Raval est très animé et multiculturel avec un grand nombre de cafés et de restaurants... tout ce que j'aime.
El Raval est à l'image de Barcelone, il est plein de vie et plein de surprises.

Évidemment, nous en sommes sortis. Nous nous sommes baladés dans le quartier gothique, avons pris l'apéro sur la superbe Plaça Reial, mangé des tapas à Barceloneta sur le front de mer (il faisait tellement beau !) et fait un coucou à la Sagrada Familia, mais c'est le Raval que je retiendrai de ce séjour...
... en plus de l'évènement rugbystique que je vous ai raconté dans mon billet précédent et surtout des bons moments passés avec mes amis.

Nos deux excellentes soirées ont été arrosées de caipirinha, au son de rock anglais des 90's. Je sais, ce n'est pas très espagnol, mais Barcelone est une ville cosmopolite et nous avons beaucoup apprécié le Manchester, un super bar du quartier gothique, qui a fait un petit frère dans le Raval.
On y boit des caipi vraiment délicieuses et la musique nous ramène 20 ans en arrière.

Je terminerai d'ailleurs sur un morceau d'un de ses groupes qui m'ont fait vibrer à la grande époque du mouvement Madchester et que j'ai pu réécouter avec plaisir le week-end dernier :


mardi 12 avril 2011

Perpignan envahit Barcelone !!!

Comme je vous le disais dans mon billet précédent, j'ai passé le week-end à Barcelone. Dans un prochain article, je vous raconterai le volet touristique et festif du séjour. Mais je voudrais d'abord vous parler de l'évènement qui nous a servi de prétexte, à mes amis et moi, pour rallier la capitale catalane.

Ce prétexte, c'était un match de rugby, entre l'équipe de Perpignan et celle de Toulon en quart de finale de H Cup, la coupe d'Europe. Pourquoi du rugby à Barcelone ?
Tout simplement car Perpignan a voulu offrir un grand stade à ses supporters pour ce match, comme cela se pratique de plus en plus, et le plus proche était à Barcelone.
C'était l'occasion de créer l'évènement, de réaliser une bonne opération de communication pour le club (et commerciale au passage) et de faire connaître le rugby aux Catalans du sud, qui sont plutôt accro au foot.

D'ailleurs, le match de rugby devait avoir lieu, au départ, dans le mythique stade du FC Barcelone, le Camp Nou, plus grand stade d'Europe avec près de 100 000 places. Finalement, pour une question de pelouse (le Barça a eu peur que les rugbymen la retourne...), il s'est déroulé au Stade Olympique de Montjuïc, celui qui a accueilli les jeux en 1992.

C'est une magnifique arène de 55 000 places tout de même, qui débordait de rouge et jaune, pardon, de sang et or, tant les supporters de l'USAP s'étaient mobilisés pour l'évènement. Ceux de Toulon étaient nettement moins nombreux, ce qui était prévu et que nous avons commencé à vérifier dans le funiculaire qui nous amenait à Montjuïc.



Évidemment, ça chambrait un peu, mais l'ambiance était très bon enfant, comme toujours quand il s'agit de ballon ovale. Plus on approchait du stade et plus les nuées de Perpignanais se faisaient compactes. On aurait dit que toute la population des Pyrénées-Orientales s'était donnée rendez-vous à Montjuïc... impressionnant !

Pauvres montpelliérains, nous étions un peu perdus au milieux de ces Roussillonais, mais franchement, ça valait le déplacement. Plusieurs dizaines de milliers de personnes aux couleurs de l'USAP dans les hauteurs de Barcelone, on ne voit pas ça tous les jours.

Après une trentaine de minutes à faire la queue en plein cagnard (car il faisait près de 35° samedi), nous avons découvert le stade et l'avons vu se remplir progressivement. Nous avons pu assister à l'échauffement des deux équipes et surtout, à une performance étonnante, les fameux castells catalans, de véritables pyramides humaines très impressionnantes.

A 16h30, le match a commencé. Malheureusement, la première mi-temps ne fut pas géniale. Peu de jeu produit et beaucoup de maladresses de part et d'autre. Sans doute la pression due à l'enjeu et à l'évènement... Bref, un spectacle peu motivant qui s'est terminé, juste avant la pause, par un essai de Toulon sur un contre. Les 30 joueurs (enfin, les 29 car un Perpignanais s'était fait expulser 10 minutes) sont rentrés au vestiaires sur un score de 11 à 6, plutôt mérité en faveur du RCT.

Heureusement, Perpignan est revenu, en seconde mi-temps, avec d'autres ambitions. La rencontre s'est enfin débridée et nous avons assisté à du beau jeu. L'USAP marquait son premier essai à la 50ème minute et Toulon répliquait deux minutes après.

Mais Perpignan, poussé par tout un peuple, a largement profité des fautes adverses pour reprendre le score grâce à la botte de Jérôme Porical, peu convaincant en première période mais parfaitement réglé en deuxième. Malgré un Wilkinson solide, comme toujours, Toulon a plié progressivement pour finalement se prendre un deuxième essai, fatal, à la 73ème minute.
Un réaction d'orgueil des Toulonnais leur a permis de marquer une troisième fois, à la dernière seconde, pour l'honneur.

Perpignan a remporté ce match 29 à 25 et se retrouvera face à Northampton en demi-finale. Mais l'USAP a surtout gagné son pari, organiser une fête du rugby dans la capitale Catalane.

Voici un montage vidéo que j'ai réalisé et qui vous permettra de voir les principales actions du match ainsi que l'ambiance (désolé pour la qualité mais je ne maîtrise pas encore très bien mon nouvel appareil photo):



Après le match, la fête a continué aux abords du stade avec un concert. Des milliers de supporters ont emprunté les allées et escaliers qui descendent de MontJuïc pour envahir les rues de Barcelone.
Quant à mes amis et moi, nous sommes rentrés à l'appartement que nous avions loué afin de nous préparer pour la soirée. Mais ça, c'est une autre histoire, qui fera l'objet d'un récit ultérieur.

Je vous quitte en musique avec "l'hymne" de l'USAP, un chant pour la liberté écrit en 1968 sous la dictature de Franco, l'Estaca, par son auteur, Lluis Lach:



Vive le rugby catalan !!!
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