vendredi 6 mai 2011

That's the Way... I like the FestiVoix !!!

Les uns ont cartonné dans la seconde moitié des 70's, les autres à la fin des 80's. KC & the Sunshine Band sera la tête d'affiche du FestiVoix le samedi 9 juillet, et succèdera à INXS, groupe vedette de la scène Loto Québec des Voix Populaires le vendredi 8 juillet.

Les organisateurs du FestiVoix ne cessent de me surprendre d'année en année avec une programmation tout aussi décalée qu'éclectique.

Vous vous en doutez, je vous proposerai très prochainement des billets sur ces deux groupes. Mais en attendant, voici la vidéo que le festival a mise en ligne jeudi après-midi pour dévoiler ces deux grands noms de la programmation 2011 :



D'ici la fin du mois, le reste de la programmation !!!

jeudi 5 mai 2011

K-Live 2011... pipe show !!!

Fin février, quand j'ai accepté de faire quelques piges pour le festival K-Live 2011, je n'imaginais pas vraiment dans quelle aventure je m'engageais. Deux mois et une trentaine d'articles après, je dois avouer que si le projet me prend pas mal de temps, il m'apporte aussi beaucoup de plaisir. Surtout quand j'ai l'occasion de faire des rencontres sympathiques et intéressantes.

Et ce fut le cas vendredi dernier, lors du vernissage de Sète, trop d'hommage, exposition qui lance le festival. Comme j'ai eu l'occasion de vous le dire dans mon premier papier sur K-Live 2011, ce festival n'est pas tout à fait comme les autres. Il est multiculturel et mêle concerts, afters, art urbain et expositions originales. Et c'est sur ce dernier volet que débutait K-Live 2011 le 29 avril, à la chapelle du Quartier-Haut de Sète.

Sète, trop d'hommage n'est pas vraiment un exposition, c'est un concept, une œuvre à part entière, que l'on doit à deux jeunes artistes, Tabas et Grégory Decock. K-Live souhaitant s'inscrire dans l'année Brassens (30 ans de sa mort et 90 ans de sa naissance), ces deux lascars ont imaginé une manière tout à fait originale de rendre hommage au célèbre Sétois.
Ils ont fait fabriquer plusieurs centaines de bougies en forme de pipe, objet fétiche de Brassens, et les ont exposées dans cette chapelle désacralisée, sur les hauteurs de Sète.

Pour Tabas et Grégory Decock, ce n’est pas l’exposition en elle-même qui rend hommage à Brassens, mais ce sont les visiteurs qui, en emportant les bougies et en les allumant dans l’endroit de leur choix, finaliseront cet hommage.
Le répertoire de Brassens peut d’ailleurs aider ceux qui seraient indécis quant au lieu où déposer les bougies-pipes : un banc public, auprès de leur arbre, sur une claire fontaine… et sur la plage de Sète, bien entendu.

Comme pour de véritables cierges, les visiteurs sont invités à laisser une offrande dans un tronc. Les sommes récoltées seront intégralement versées à Amnesty International, les artistes jugeant que les causes défendues par cette organisation correspondent à celles pour lesquelles luttait Brassens, notamment l'abolition de la peine de mort.

J'ai eu la chance d'arriver sur place avant les invités du vernissage et de pouvoir admirer cette œuvre dans une chapelle vide. Ce lieu, que je ne connaissais pas, avec ses murs bruts, justes décapés, est tout à fait adapté à ce type d'expo qui met en avant le blanc et le noir.
Le blanc des bougies-pipes, bien sûr et le noir des dizaines de feuilles de papier, appliquées sur les murs, telles des ardoises, que le public est invité à remplir avec un mot, une pensée, une impression... Sète, trop d’hommage est donc une véritable œuvre collective et participative.

François Commeinhes, Maire de Sète, a été le premier à se prêter au jeu de l'écriture. Quant à moi, j'avoue avoir laissé une pensée quelque peu licencieuse, incité en cela par l'esprit de Brassens, planant dans ce lieu, et par Tabas me racontant l'histoire de la bougie-pipe et les conversations téléphoniques étonnantes avec des ciriers susceptibles de la produire : "Alors, vous me la faites à combien la pipe ?".

Grégory et Tabas aiment bien jouer avec les mots. D'ailleurs, les centaines de feuilles noires disposées sur les murs de la chapelle composent des lettres et, avec un peu de recul, on peut lire une phrase qui prend tout son sens au cœur de cette œuvre : "On lui doit tous une fière chandelle".

Autant vous dire que j'ai adoré cette exposition et que je vous incite à vous y précipiter, avant le 18 mai, date à laquelle la chapelle du Quartier-Haut fermera ses portes. Il serait même prudent d'y aller avant que toutes les bougies-pipes soient dispersées dans la ville.

Voici une vidéo très sympa, réalisée par Mo'Fo' prod, qui montre les deux artistes dans la ville, à la rencontre des Sétois, ainsi qu'une partie de l'installation et du vernissage :



Au delà de l'œuvre elle même, l'ambiance était excellente vendredi soir. La plupart des organisateurs et acteurs de K-Live étaient présents pour féliciter les deux artistes et Crystel, la responsable des arts plastiques du festival, principal artisan de cette belle réussite.

J'ai eu le plaisir de terminer la soirée au restaurant avec Tabas et Grégory Decock (sur la photo) et de discuter avec eux. Je suis toujours bluffé par la créativité de certains artistes et ces deux là n'en manquent pas. En outre, ils sont extrêmement sympa, ce qui ne gâche rien.

Entre parenthèse, nous avons dîné au Paris-Méditerranée, une excellente adresse sétoise proposant une cuisine originale, avec un service parfait, dans une ambiance chaleureuse et tamisée.
Bref, une soirée parfaite... merci K-Live !!!

Pour terminer en musique, comme il se doit, je vous propose, évidemment, une belle chanson du poète à la pipe. A toi Georges !!!

"Je suis un pauvre type, J'aurai plus de joie
J'ai jeté ma pipe, Ma vieille pipe en bois
Qu'avait fumé sans s'fâcher
Sans jamais m'brûler la lippe
L'tabac d'la vache enragée
Dans sa bonne vieille tête de pipe
J'ai des pipes d'écume, Ornées de fleurons
De ces pipes qu'on fume, En levant le front
Mais j'retrouv'rai plus ma foi
Dans mon cœur ni sur ma lippe
Le goût d'ma vieille pipe en bois
Sacré nom d'une pipe"


mardi 3 mai 2011

Elisapie... quel jolie prénom !!!

Elisapie Isaac... depuis que le FestiVoix a annoncé la programmation de sa scène des Voix Multiples, cette chanteuse occupe mon esprit. J'ai vraiment flashé, il faut bien l'avouer, sur cette artiste atypique qui se produira le 3 juillet sur la plus belle scène du FestiVoix. Alors, j'ai eu envie de faire un petit billet sur elle, surtout pour mes lecteurs français qui ne doivent pas la connaître.

Elisapie est native de Salluit, petit village du Nunavik, anciennement Nouveau-Québec, territoire situé dans la région administrative du Nord-du-Québec, au bord du détroit d'Hudson et presque exclusivement peuplé par les Inuits. Je n'ai pas pu trouver son année de naissance... mystère !
Elle est née d'une mère inuk et d'un père originaire de Terre-Neuve. À sa naissance, elle est adoptée par une famille inuit qui l'élèvera selon cette culture.

C’est dans cet environnement aux grands espaces, au froid intense, aux contrastes culturels qu’Elisapie grandit entre tradition ancestrale et monde contemporain.

Avant de poursuivre, je vous propose une magnifique vidéo d'Elisapie dans le nord. Sur une musique de Pierre Lapointe et des paroles de Richard Desjardins, Moi, Elsie est l'unique chanson en français sur son premier album solo, There Will Be Stars, sorti en 2009 :



Dès l’enfance, la musique fait partie de sa vie. Elle interprète tous les jours les chants et les hymnes religieux appris à l’église et sa mère la fait répéter régulièrement afin qu’elle ne les oublie pas.
À 14 ans, son oncle lui propose de faire partie du Salluit Band, groupe de folk-rock-gospel, à titre de choriste. Mais à l’époque, Elisapie ne rêve pas encore de devenir une chanteuse. C’est pourquoi quelques années plus tard, elle met de côté la musique pour se consacrer à des activités dans le domaine de la communication.
À 15 ans, elle produit et anime une émission de radio pour les jeunes de Salluit. Durant l'été, elle occupe plusieurs emplois comme animatrice et journaliste d’émissions de télévision.

Puis c’est la production cinématographique qui l’appelle. En 1999, Elisapie décide d'aller à Montréal pour étudier la communication. En 2000, elle participe, à titre de journaliste et d’animatrice, à la production d’un documentaire sur les peuples du cercle polaire intitulé Peoples of the Circumpolar. La production de ce documentaire la conduit à visiter plusieurs pays du cercle polaire dont la Norvège, la Sibérie, le Groenland, l’Alaska et le Grand Nord canadien.

Cette expérience s’avère déterminante pour elle et lui insuffle le besoin d’exprimer son attachement profond pour la culture inuit par le biais de l’art. Beaucoup de ses chansons sont d'ailleurs en inuktitut, qui est l’un des quatre grands ensembles dialectaux de la langue inuit.



Sa jeune carrière oscille toujours entre musique et cinéma et, en 2001, elle remporte le quatrième concours "Cinéaste autochtone", organisé par l’Office national du film du Canada , ce qui lui permet de réaliser un court métrage intitulé Sila piqujippat (Si le temps le permet). Depuis sa sortie en mars 2003, Elisapie a présenté son film un peu partout, à Trouville, à New-York, au festival Sundance 2004, à Montréal, à Toronto, à Terre-Neuve, au Nunavik...

Quant à la musique folk, elle a toujours eu une grande influence pour Elisapie. Elle apprécie particulièrement l’émotion et la sensation d’intimité qu’elle procure. Ce goût marqué pour ce genre la motive à recommencer à chanter, à écrire des textes et à rechercher un partenaire pour créer des chansons.

Et c'est donc dans sa nouvelle vie urbaine que se produit la rencontre avec Alain Auger, en 2000, qui sera déterminante pour la suite de sa carrière et apparait à tous les deux comme une évidence. Ils formeront très rapidement le duo Taima, composant et enregistrant une dizaine de maquettes de ce qui sera leur premier album.

Taima est un mot d’usage courant dans la langue inuktitute, utilisé dans presque toutes les expressions, qui signifie "Assez ! C’est terminé. Passons à autre chose". Taima se veut porteur d’une vision nouvelle des relations entre les Blancs et les Inuits.

En 2003 et 2004, le duo participe à de nombreux festivals, en Amérique du Nord et en Europe. Leur album sort en février 2004 et remporte l'année suivante le Juno du meilleur album autochtone. Voici une extrait de cet album :



Un journaliste écrira : "À la limite, la chanteuse du duo Taima pourrait se passer d'écrire des paroles tant sa voix traduit à elle seule les émotions. En fait, quand cette Beth Gibbons boréale chante en inuktitut, elle donne l'impression d'employer un langage imaginaire, à la manière de Jorane ou du groupe islandais Sigur Rós. Or, les mots lui sont chers et nécessaires pour exulter, s'exalter ou traiter des thèmes qui lui tiennent à cœur : l'amour, le désir charnel, les voyages, mais aussi le déracinement, le mal-être autochtone...".

En 2005, Élisapie écrit et interprète en inuktitut les paroles de la trame sonore du film La planète blanche, signée Bruno Coulais (Microcosmos, Le peuple migrateur, Les choristes).

Parallèlement, elle planche sur un deuxième album avec son partenaire Auger, mais le feeling n'est plus là. Elisapie sentait que ce n'était pas le bon moment et le duo ne voulait pas forcer les choses. La connexion très intense qui liait les deux acolytes lors du premier album était moins évidente.

Fin 2009, elle sort son premier album solo, There Will Be Stars, dans lequel s'entremêlent joie de vivre et mélancolie, où se côtoient chansons pop et univers folk, de la pop nordique en quelque sorte. Dans cette vidéo, Elisapie nous parle de sa vie, de sa musique et de cet album :



A la fin de l'année dernière, Elisapie et Fred Pellerin ont fait une interprétation remarqué de "Silence" lors du Gala de l'ADISQ.
C'est le talentueux poète mauricien qui a écrit cette superbe chanson pour Taima voilà quelques années. Fred doit apprécier le mot "Silence" puisqu'il en a fait le titre de son dernier album, que je vous présentais sur ce blog en août dernier.



Vous l'aurez tous compris, j'ai vraiment hâte d'être le 3 juillet aux alentours de 19h00, sous les arbres centenaires de la cour du monastère de Ursulines de Trois-Rivières pour applaudir cette talentueuse et belle artiste. A bientôt Elisapie !

En attendant, voici un autre extrait de son album :


Wikio - Top des blogs - Musique Paperblog