mardi 9 mars 2010

Une rondelle ne fait pas le printemps...

Cette maxime de mon philosophe préféré, Pierre Desproges, est extraite d'une de ses chroniques de la haine ordinaire qui s'intitule "Le Printemps". Rien que pour le plaisir, je vous propose de l'écouter :



Comme chaque année à la même période, je me sens revivre. Les journées prennent le dessus sur les nuits, le soleil commence à chauffer, les amis commencent à affluer pour profiter des beaux week-end de mars.

Cela me rappelle une autre phrase de mon maître à penser : "Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée printanière, je ne serais pas autrement surpris d'apprendre qu'il a passé l'hiver pas plus tard qu'aujourd'hui."
Je vous l'avais déjà servie l'année dernière dans un de mes nombreux articles abordant le retour des beaux jours.

Et oui, comme l'année dernière, il y a de fortes chances que je vous casse les pieds avec le printemps mais c'est plus fort que moi :



Merci cher Léo...

Le week-end dernier a vu le lancement officiel de cette belle période. Deux amies de Clermont-Ferrand, Sandrine et Virginie, sont venues me rendre visite et nous avons pu profiter de moments très sympathiques.

Elles adorent les chevaux, alors nous sommes allés faire un petit tour au Grau-du-Roi samedi matin, où se déroulait une manifestation taurine, comme il y en a tant dans la région. Plus précisément, il s'agissait d'une abrivado. Pour les non initiés, c'est un lâché de taureaux camarguais, dans les rues d'une ville.
À l’origine (avant l'époque des camions transporteurs de bétail) l’abrivado consistait à conduire les taureaux des pâturages aux arènes où les bêtes devaient participer à des courses.

De nos jours les abrivado sont organisées spécialement lors des fêtes locales dans la région. Les rues sont barrées par des barrières de grande hauteur afin d’empêcher les taureaux de s’échapper. Des jeunes du coin, les atrapaïre ("attrapeurs" en provençal) essaient d'immobiliser les taureaux en les attrapant par la queue et les cornes. Bref, c'est assez spectaculaire.

Et ça l'est d'autant plus quand, comme au Grau-du-Roi ou à Palavas-les-Flots, l'abrivado se déroule partiellement ou en totalité sur la plage avec de nombreux taureaux et de très nombreux gardians sur leurs chevaux blancs.

Je n'ai pas pu filmer samedi car nous sommes arrivés un peu tard et nous étions assez loin de l'action mais j'ai trouvé une vidéo sur le web qui a été tournée lors de l'abrivado des plages de l'année dernière.

Elle est impressionnante car on y voit plusieurs taureaux s'échapper. Le premier va dans l'eau et doit être ramené en jet sky, plutôt insolite mais finalement assez courant. J'avais assisté à la même scène à Palavas l'an dernier et la pauvre bête s'était noyée...
Un autre taureau fonce carrément dans la foule et bouscule des spectateurs (un miracle qu'il n'y ait pas eu d'accident).



Mes lecteurs qui ne sont pas du Midi, et a forciori les Québécois, doivent trouver ça un peu fou mais la tradition taurine camarguaise est très présente dans la région. Je ne suis pas un fervent défenseur des traditions régionales, loin de là, mais celle-ci me plait bien.

Ce qui me plait bien aussi, c'est l'association de l'ancien et du contemporain dans le domaine de l'art et de l'architecture. C'est pourquoi j'adore la petite église d'Aigues-Mortes, ville où Sandrine, Virginie et moi sommes allés déjeuner (en terrasse, je précise) après un petit apéro face à la mer.

L'église Notre-Dame-des-Sablons date du XIIIième siècle. En 1989, le père Maurice Archet prit l'initiative de doter les 31 baies de son église de vitraux modernes.
Avec le soutien du maire d'Aigues-Mortes et du ministère de la Culture, le projet de création est confié à Claude Viallat artiste d'origine Nîmois et membre fondateur du mouvement Supports/Surfaces. Viallat ne souhaitera pas utiliser les techniques traditionnelles du vitrail serti au plomb. Il mettra au point en collaboration avec le verrier Bernard Dhonneur un nouveau procédé de feuilletage du verre antique gravé.
Le résultat est fascinant : la sobriété du bâtiment mise en valeur par la lumière émanant de ces vitraux tout droit sortis d'une galerie d'art contemporain...

Après une excellente soirée passée dans le temple des nuits montpelliéraines (le Rockstore bien sûr), le week-end s'est terminé sur la plage de Palavas le dimanche midi.

Comme vous pouvez le constater, il faisait encore beau mais on commençait à apercevoir des nuages menaçants à l'horizon.
Virginie et Sandrine sont reparties vers 17h, amenant avec elles le peu de beau temps qu'il restait.

En effet, une heure après leur départ, une véritable tempête de neige s'est abattue sur Montpellier, couplée à un orage. Un truc de dingue !!! En quelques heures, tout était blanc, même ma piscine :


Les giboulées de mars ???

Et oui, en cette inter-saison, il faut se méfier car, comme on dit : "Une rondelle ne fait pas le printemps...".

dimanche 7 mars 2010

Victoire pour... Coeur de Pirate !!!

Malgré une campagne sur le Web très dynamique, que j'ai largement relayée via mon blogue et ma fan page sur Facebook, la petite Béatrice, alias Cœur de Pirate, n'a pas eu la Victoire de la musique de la Révélation du public.

Mais elle a pu largement se consoler en décrochant, après un long suspense de quatre heures, le dernier prix de la soirée : le très convoité trophée de La Chanson Originale de l'année pour Comme des enfants, également décerné par les votes du public.

Je suis assez content d'avoir contribué à ce prix en votant pour elle par téléphone dans la soirée. Cela m'a couté 56 centimes d'Euro mais ça valait le coup.
Sa chanson a été préférée à La superbe de Benjamin Biolay, C'est dit de Calogero et Ça m'énerve d'Helmut Fritz. Je ne connaissais que la dernière, qui est assez marrante, et je dois dire que Béatrice méritait largement son prix.

En larmes mais maniant l'humour, Béatrice a lâché une phrase qui lui ressemble : "Merci à mes ex-copains de m'avoir larguée, ce qui m'a permis de pouvoir écrire de bonnes chansons".
Je n'ai pas pu voir la remise de sa Victoire en direct car j'étais de sortie (Saturday Night Fever...) mais j'ai retrouvé la vidéo sur YouTube. Je vous la propose. Elle y interprète, pour la seconde fois de la soirée, Comme des enfants :



Ariane Moffatt, quant à elle, était heureuse de se retrouver parmi les quatre finalistes dans la catégorie "Révélation scène de l'année" et d'interpréter son célèbre tube Je veux tout en direct devant quelque 6000 invités et cinq millions de téléspectateurs pour la grand-messe annuelle de la chanson française. Mais il y avait contre elle une grande favorite : la spectaculaire Izia, fille de Jacques Higelin, qui a confirmé les pronostics.

Je vous passe la vidéo d'Ariane aux Victoires en souvenir d'une belle soirée au FestiVoix 2009 :



À une époque pas si lointaine, les chanteurs québécois étaient classés parmi les artistes "francophones", c'est à dire non-Français, lorsqu'ils se retrouvaient aux Victoires de la musique. Aujourd'hui, ils remportent les plus belles Victoires.

Bravo les Québécoises !!!

jeudi 4 mars 2010

Les Invincibles... made in France !!!

Mardi prochain, la chaîne franco-germanique ARTE sort l'adaptation française d'une série qui a cartonné au Québec entre 2005 et 2009, Les Invincibles.
Je suis un peu frustré car mes amis du Québec me parlent de cette série depuis longtemps et je n'ai toujours pas eu l'occasion d'en voir la version originale. Et là, je vais être directement confronté à la version française.

Vous me direz, n'ayant pas vu le modèle, je ne risque pas d'être déçu par la copie...
Et puis, apparemment, les producteurs français ont tout fait pour qu'on retrouve l'esprit particulier qui a fait le succès de la version québécoise.

Allez, pour les français qui ne connaîtraient pas, je vous fait le pitch (ou plutôt, je vous le copie) :

"A l’aube de la trentaine, 4 amis de toujours sont sûrs d’une chose : s’ils ne changent rien dans leur vie, ils finiront vieux, cons, et aigris. Engagés dans des relations sages et stables avec leurs copines, ils ont le sentiment de n’avoir pas assez profité de leur jeunesse.
Ils concluent donc un pacte, élaboré par leurs soins, qui va leur permettre d’assouvir leur soif de liberté.
Première étape difficile mais nécessaire : quitter le lendemain, à 21h00 précises, leurs copines respectives.
Entre les clashs avec leur entourage, la revanche des ex, les non-dits au sein du groupe et la confrontation à leurs propres limites, nos Invincibles vont être embarqués dans un véritable parcours initiatique. En sortiront-ils grandis ?"

Voici la bande annonce de la version française :



Je la trouve assez efficace, surtout avec la toune de Supergrass en fond.

Tout a été fait pour que la sauce prenne entre les comédiens principaux. Les quatre Invincibles de l'Hexagone ont reçu dès le départ un ultimatum de la part de l'équipe de production : créer entre eux la même chimie et la même complicité qui régnaient au sein du quatuor québécois et qui ont grandement contribué au succès de la série originale.
Pas facile quand on ne se connaît pas, mais nos quatre super-héros ont obtempéré puisqu'ils ont fait la fête ensemble... dès le premier jour de leur rencontre.

Chers lecteurs français, je vous propose des images de la série québécoise afin que vous puissiez voir à quoi ressemble l'original. Vous pourrez constater qu'on est un peu dans le "copier-coller", l'accent et les expressions truculentes en moins...



J'ai remarqué plusieurs points intéressants concernant le lancement de cette version française.

D'abord, une comédienne québécoise joue dedans. Marie-Eve Perron se glisse dans la peau de Cathy Casse-Couilles, le pendant de Lyne-la-pas-fine dans la version originale. Marie-Eve, qui est originaire de Montréal, vit en France depuis quelques années. Elle a refusé de visionner la version québécoise de la série et préfère attendre la fin des Invincibles en France avant de la regarder, histoire de ne pas se mettre trop de pression sur le dos. C'est correct !
Et puis, elle se force un peu à prendre l'accent français pour le tournage, marrant non ?

Ce qui est également marrant, c'est que Cédric Ben Abdallah (photo ci-contre), le comédien qui incarne Vince, avait, ces dernières années, un rôle dans une série québécoise, La Galère. Cédric connaît donc bien la Belle Province et il a vu des épisodes québécois des Invincibles contrairement à Marie-Eve.

Il remarque une différence notable entre la version originale et l'adaptation française : "Quand j'ai vu les Invincibles québécois, je me suis dit : ils boivent quand même pas mal de bière ! Quand ils se retrouvent, il y a toujours une petite bière sur la table...". Les français assumeraient-ils moins bien leur penchant pour la boisson houblonnée ?

Autre différence importante entre les deux versions, la bande dessinée de style Marvel Comics qui rythme la série a subi un important lifting puisqu'elle prend la forme d'un manga japonais dans notre version. Il paraîtrait que la France se classe au deuxième rang des pays qui consomment ce type de BD...

Chose intéressante, ARTE se met à la promo sur le Web. La chaîne a réalisé un site dédié à la série, plutôt bien fait, plein de vidéos, de photos, d'anecdotes... On y trouve le 1er épisode en avant-première.
Une fanpage Facebook a également été créée avec une application inspirée de la série qui se propose de calculer notre capacité à rompre en douceur.

La production a aussi mis en ligne la vidéo d'un flashmob, tournée à la Fnac, que je trouve très réussi, pas autant que celui du FestiVoix, mais bien quand même :



Cette promo sur Internet vient peut-être du co-réalisateur de la série, Alexandre Castagnetti, l'un des deux acolytes de La chanson du Dimanche, qui cartonne sur le web depuis quelques années.
Ils signent d'ailleurs le générique des Invincibles version française avec une chanson assez déjantée, comme ils savent le faire. Je vous recommande le clip :



En parlant musique, apparemment, tous les épisodes regorgent de tubes, de David Bowie aux Pixies en passant par Amy Winehouse et les Beach Boys. J'ai hâte de voir et d'entendre ça.
Le buzz autour de cette adaptation a l'air de bien fonctionner. Il vaut mieux, me direz-vous, car la production table sur un succès; deux saisons de 8 épisodes ont déjà été tournées.

Souhaitons leur un succès équivalent aux trois saisons québécoises. D'ailleurs, si un de mes chers lecteurs les a sur son disque dur, je suis preneur...

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