jeudi 10 novembre 2011

Douchebag... késako ?

Depuis quelques années que je fréquente le Québec et les Québécois, un terme revient de plus en plus fréquemment dans les conversations, "douchebag". Ces derniers temps, sur le Web, de plus en plus d'articles s'intéressent à ce phénomène curieux. Du coup, étant totalement conformiste, j'ai décidé de m'y intéresser également. Cet article s'adresse surtout à mes lecteurs français, ceux de la Belle Province étant certainement plus calés que moi en matière de douchebag.

Alors, un douchebag, cékoidon ?
Le phénomène vient des Etats-Unis et, malheureusement pour nos amis canadiens, il a traversé la frontière. Un douchebag est un type qui a entre 15 et 40 ans (ouf, je l'ai échappé belle), qui est super bronzé aux U.V. (limite jaunâtre), qui a une sorte de hérisson à la place des cheveux, et qui porte des polos, des t-shirts ou encore des marcels pastels ou avec des motifs de type tatouage.
Il les enlève d'ailleurs à la moindre occasion pour exhiber sa musculature (car monsieur lève de la fonte et se gave de stéroïdes) et ses tatouages démodés. Il a toujours une pose ridicule sur les photos et une bouche en cul de poule.

Le douchebag adore faire la fête dans des lieux où on peut le voir et où il est entouré de pitounes, voire de blondasses, bref de bimbos qui apprécient particulièrement de prendre la pose en compagnie de cet homme qui n'a peur de rien.

Je vous propose une chronique vidéo québécoise qui décrit avec humour le douchebag de base :



Je me suis amusé à rechercher sur Internet les traductions possibles de douchebag en langage de l'hexagone. J'ai trouvé "jacky", mais le jacky est plutôt fana de tuning et de mégawatts sur sa mégasono dans sa poumpoumcar. En fait, le terme de "blaireau" correspondrait mieux, mais je me demande si le plus proche ne serait pas "kéké", pas n'importe quel kéké, un kéké wannabe. Car le bouchebag se la pète, bien entendu, mais surtout il aspire à un grand destin...

La meilleure illustration en France, c'est le fantastique Mickael Vendetta, le douchebag de chez douchebag. Je vous conseille vivement la vidéo qui suit, on y voit le beau Mickael au sommet de sa forme :



Si l'on creuse un peu et qu'on s'intéresse à l’étymologie du mot douchebag, ça devient encore plus intéressant. Littéralement, il s'agit d'une poire utilisée pour nettoyer les parois vaginales. Bien avant l'apparition de ces hommes-objets à la plastique travaillée, le terme douchebag désignait un trou de cul fini, sans trop d'égard à son apparence physique.
Alors pourquoi nos nouveaux blaireaux sont-ils associés à la douche vaginale ? J'avoue que je n'ai pas trouvé d'explication satisfaisante.

Peut-être est-ce car ces garçons sont très propres, à l'intérieur, comme à l'extérieur... Ou alors car comme l'objet, ils se remplissent, se soufflent, puis se dégonflent rapidement... Ou tout simplement car le douchebag est une poire !

Quoi qu'il en soit, cette appellation péjorative est progressivement passé dans le langage et il semblerait qu'une partie des douchebags l'assument et en soient fiers. Ceci tendrait à prouver, soit qu'ils ont une grande capacité d’auto-dérision, soit qu'ils sont vraiment très blaireaux.

Évidemment, on trouve de multiples catégories de douchebags. Je ne vais pas entrer dans les détails, c'est un peu compliqué. Des américains ont même établi une cartographie des douchebags du pays (image ci-contre).
Si je me fie à tout ce que j'ai trouvé sur le Web, je pense qu'on peut largement réaliser une véritable étude ethnologique sur les douchebags.

Je ne suis pas certain d'avoir comblé mes interrogations sur le phénomène douchebag en rédigeant ce billet. Je crois même que j'ai davantage de questions qu'avant... tant pis, la vie est ainsi faite.

Je terminerai en musique sur la toune d'un humoriste québécois, Etienne Dano, consacrée au douchebag :



Je ne peux m’empêcher, à l'issue de cet article, de faire un clin d’œil à un petit québécois que j'aime bien. Ce billet, il est pour toi Hugo !!!

lundi 7 novembre 2011

The Lost Fingers... lost in Montpellier !!!

Après Misteur Valaire voilà deux semaines, ma série de concerts d'artistes québécois se poursuit avec The Lost Fingers. Il fallait être un peu inconscient, samedi soir, pour braver les intempéries et se rendre au JAM. Mais, connaissant ce trio pour l'avoir vu plusieurs fois sur scène au Québec, je savais que cela serait une bonne soirée. Et ce fut le cas !

Malgré le déluge, la salle était comble. Heureusement, avec Stéphanie, qui m'accompagnait, nous sommes arrivés suffisamment tôt pour être dans les premiers rangs, à 3 ou 4 mètres du groupe. Cette proximité est vraiment appréciable dans ce genre de concerts, peu spectaculaires, basés sur la qualité musicale et le feeling entre les artistes et le public.

Pour ceux d'entre-vous qui ne connaissent pas The Lost Fingers, il s'agit d'une formation qui s'est spécialisée dans les adaptations de chansons, notamment des années 80, en version jazz manouche. D'ailleurs, le nom du groupe fait référence à la perte de deux des doigts de Django Reinhardt, pape du jazz manouche, dans l'incendie de sa roulotte dans les années 1930.

Mais le mieux, c'est d'écouter ce que ça donne. Pour cela, je vous propose un extrait de leur concert sur la grande scène du FestiVoix, en 2010. Il s'agit d'une reprise de Part Time Lover de Stevie Wonder :



Évidemment, samedi soir, l'environnement était très éloigné de cette prestation en plein air devant des milliers de personnes, et les organisateurs du FestiVoix ne m'en voudront pas de l'avoir trouvé plus adapté. Le jazz se prête mieux à de petites salles, à des ambiances intimistes.
J'avais d'ailleurs découvert The Lost Fingers en live dans ces conditions. C'était à Montréal, en juin 2009, dans le cadre de l'enregistrement d'une émission de radio française.
Mais je les connaissais déjà depuis quelque temps car mon ami Thomas m'avait offert leur premier album, Lost in the 80's, lors d'un séjour chez moi, après son installation au Québec.

Le groupe est donc composé de trois excellents musiciens, et quand je dis "excellents", je n'exagère pas. Le chanteur principal est Christian Roberge. En passant du grave à l'aigu, sa voix s'adapte au style des chansons reprises. Il maîtrise parfaitement la six cordes, voire la douze cordes (comme sur la photo ci-dessus). Pour la petite histoire, en plus d'être un virtuose de la guitare, Roberge est Docteur en biologie évolutive et spécialiste de la microévolution chez le saumon de l’Atlantique.

Le second guitariste s'appelle Byron Mikaloff (photo ci-dessous). Originaire de Colombie Brittanique, il a rapidement adopté le Québec, qui le lui rend bien. En sus de la guitare et des chœurs, c'est le porte parole du groupe, et il remplit ce rôle avec humour et finesse.
Il nous a même donné une petite leçon de vocabulaire qui m'a fait sourire. Elle portait en effet sur un mot québécois que j'adore "Quétaine", en référence à l'univers du groupe et surtout à la plupart des chansons qu'il reprend.
Et effectivement, le répertoire des Lost Fingers est assez kitsch, comme leurs tenues vestimentaires, d'ailleurs.

Le troisième larron, à la basse et aux chœurs, est le plus discret des trois. Alex Morissette (photo ci-dessous) n'en maitrise pas moins son énorme instrument. Les deux guitaristes se sont rencontrés au Conservatoire de Musique de Quebec dans les années 90 et le bassiste les a rejoint au milieu des années 2000 pour créer le groupe.

Comme je le disais, l'univers des Lost Fingers est quétaine, à commencer par ce qu'ils appellent leurs "complets". Les trois compères ont débuté le concert dans le smoking blanc de la pochette de leur 3ème album, Gipsy Kameleon, et l'ont terminé avec le costume gris de la pochette du premier, Lost in the 80's. Ils nous ont malheureusement épargné le deux-pièces rose de la pochette de 2ème, Rendez-vous Rose.

Au niveau musical, nous étions vraiment dans les années 80, Samantha Fox, Georges Michael, Soft Cell, Michael Jackson, Culture Club, Technotronics ou encore Plastic Bertrand, avec quelques débordements sur la décennie précédente (Kool and the Gang, Earth Wind and Fire).

Les versions live sont assez proches de celles qu'on peut entendre sur les albums. En revanche, elles sont enrichies de solos de guitare absolument démoniaques. Mikaloff et Roberge rivalisent de dextérité sur leurs manches respectifs. C'est assez impressionnant !

Le concert a duré environ une heure trois-quarts. Le public du JAM a été, comme moi, conquis et l'a manifesté. Il y avait vraiment une bonne ambiance et je ne pense pas me tromper en disant que le groupe l'a apprécié.

Pour terminer, je vous propose leur version du classique d'AC/DC, You shook me all night long. Ce n'est pas ma reprise préférée mais j'adore l'intro qui a été ajoutée à la version live, celle de Thunderstruck, une toune à laquelle j'ai consacré un article récemment.


jeudi 3 novembre 2011

Le Véritable Amour...

Non, je ne vais pas vous pondre un billet sur ce sentiment magnifique qui anime des centaines de millions d'être humains, qui les rend débordants de bonheur un jour et totalement déprimés le lendemain.
Je vais vous parler du Véritable Amour, nouvel album de l'un de mes artistes québécois préférés, l'inimitable et si sympathique Pépé.

Et oui, après Pépé et sa guitare, en 2003, Fakek' choz, en 2005, 100 % BOEUF, en 2007 et Pépé goes français, en 2009, Pépé sortira son 5e album lundi prochain. Un album tous les deux ans, quelle régularité !

Tous mes lecteurs québécois connaissent Pépé. Il en va de même pour mes fidèles lecteurs français car il fait partie des artistes dont je parle régulièrement.
Pour les autres, voici un aperçu du style Pépé, un extrait de son concert au FestiVoix, le 3 juillet 2009, soirée où je l'ai découvert :



Malheureusement, je n'ai pas pu écouter le nouvel opus de Pépé, mais voici ce que l'on peut lire sur le site Web de sa maison de disques, Indica Records :

"Dans cet album Pépé retourne aux sources tout en allant plus loin à tous les niveaux, s’entourant de musiciens et d’ingénieurs de talent dans une production qui mijote depuis quatre ans. Ce qui n’enlève rien au feeling de spontanéité qui a su conquérir les fans jusqu’ici.

L’artiste ne renie pas le style guitare/voix ayant fait sa marque mais amène plus loin certaines de ses mélodies grâce à l’apport de Pierre-Marc Lemire à la batterie et de Pierre-Luc Boisvert (Les Trois Accords) à la basse, qui s’est également adjoint à la réalisation de l’album.

Comme un « mini-wheat », Pépé nous montre son côté rock, notamment avec les pièces « Chérie » et « Ton nom » sans laisser pour compte son côté sucré avec les airs joyeux que les fans ont jusqu’ici tant apprécié. L’artiste est un de nos « guitare héros » au Québec et il le montre de manière indéniable dans ce 5ième opus, grâce à des solos d’une grande musicalité. Du Pépé à l’état pur où les influences folk,country et rockabilly se font sentir, le tout dans une sonorité unique qui s’apparente à un show « live ». Ses meilleurs textes, avec ses meilleures mélodies… sa belle folie servie pour vous!"

Voici un extrait de son concert de ouf, au FestiVoix 2010 :



Pour ma part, je ne doute pas une seule seconde de la qualité de cet album. Pépé a toujours fait d'excellentes chansons, et il n'y a pas de raison qu'il déroge à la règle pour cette nouvelle production.

J'ai eu la chance de discuter avec Philippe Proulx, alias Pépé, à plusieurs reprises et j'apprécie l'homme autant que l'artiste. En fait, mon amie trifluvienne Pocahontas fut son agente voilà quelques années. En 2009, lors de mon premier FestiVoix, elle voulait me le présenter. Malheureusement, après son concert, il était introuvable et ce fut un rendez-vous manqué.

Quelques mois plus tard, en novembre de cette même année, j'ai eu le plaisir de le voir sur scène, à Montpellier, dans une toute petite salle, et de pouvoir m'entretenir avec lui brièvement, juste avant le concert.

Mais il m'a fallu attendre le FestiVoix 2010 pour faire vraiment sa connaissance, lors d'un apéro improvisé avec Pocahontas, sur la terrasse du D'Artagnan's où il se produisait quelques heures plus tard.
Ce soir là, j'ai même pu l'interviewer dans le cadre de ma chronique, Un français squatte au FestiVoix. C'était assez poilant, je dois dire :



Le premier extrait de l'album, Le temps, est en écoute sur le Web. Pour le reste, il faudra attendre le 8 novembre, date officielle de la sortie du disque.
Une première soirée de lancement a eu lieu hier au Cercle, à Québec. Pour les inconditionnels qui sont sur Montréal, il y en a une seconde, aujourd’hui, au Savoy du Métropolis. Je vous jure bien que si je n'étais pas à des milliers de kilomètres de là, je n'hésiterais pas à y aller.

J'ai appris hier que Fred Pellerin (photo ci-contre), autre artiste québécois que j'adore, va sortir un nouvel album le 22 novembre prochain. Dans un tout autre style, le très talentueux p'tit gars de Saint-Elie-de-Caxton nous gratifiera d'un second opus solo qui s'intitule C'est un monde.
Je m'en délecte d'avance et je ne manquerai pas de vous en parler sur ces pages.

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